Pourquoi ce livre ? (témoignage
de Marianne de Boisredon)
Deux élans
m’ont poussée à écrire ce livre :
D’une part comme enseignante d’économie, j'ai
pris conscience que la compréhension du monde économique
et financier est difficile. Nous vivons dans un monde complexe, qui
se transforme rapidement, nous manquons de repères pour entrer
dans l’intelligence des fonctionnements, ceux qui sont positifs
et ceux qui abîment. En écrivant ce livre, j’ai
eu à cœur de rendre accessible le monde économique
et financier, la mondialisation. Ce livre cherche à se mettre
à la portée de tous, en particulier ceux qui n’ont
pas étudié l’économie mais qui désirent
comprendre le monde d’aujourd’hui.
D’autre part, ayant vécu 5 années en Amérique
du Sud, en participant à la création d’une banque
de microcrédits, en vivant 6 années en Asie, au Japon
et en Chine, j’ai pu observer les liens entre les cultures et
la vie économique et sociale. En rencontrant certaines personnes
dont le courage déplaçait des montagnes, je me suis
souvent dit : « Il faudra qu’un jour, je rende hommage
à toutes ces personnes qui transforment leur microcosme car
ils ont développé leur moteur intérieur : que
ce soient ces lépreux du fin fond du Bihar dont le rayonnement
contrastait avec leur maladie, que ce soit Fernando au chili qui a
eu l’audace d’accueillir un sixième enfant alors
qu’il n’avait pas assez à manger pour ses 5 enfants,
ou Dalila qui a monté son commerce de lingerie féminine
dans les poblaciones et qui en toutes circonstances, voyait le positif…
Ou encore le gardien d’immeuble à Hong Kong qui avait
ce mot gentil ou cette attention pour chacun, ou cette commerçante
de jouets dont le plaisir était d’abord d’entrer
en contact avec les clients avant de vendre.
Ce cheminement économique m’a fait comprendre que :
- Le monde économique a développé naturellement
le Yang (plein, actif et masculin) et cela se manifeste par une recherche
d’efficacité, de rentabilité et de productivité.
Ces valeurs sont bonnes en soi mais sans être équilibrées
par le Yin (vide, passif et le féminin) qui se traduit par
l’intériorité, la prise de recul et la patience,
elles manifestent des dysfonctionnements sur les personnes : le stress,
les mécanismes compensatoires comme le café, les drogues,
l’alcool…
- En se focalisant sur les résultats économiques et
financiers et de plus en plus sur le profit à court terme,
les effets pervers sur les personnes et l’environnement sont
sous-évalués. Nous avons besoin d’entrer dans
une vision où l’humain, l’écologique et
l’économique sont pris en compte. Etre plus tourné
vers le qualitatif que le quantitatif dans nos actions et nos évaluations.
« Comment réaliser le produit » est tout aussi
important que le produit lui-même.
- Les richesses d’être sont des contrepoids aux richesses
matérielles. Elles sont souvent source d’équilibre
et de joie.